Bérénice.

By larthea

” il y’avait un vers de Racine que ça lui remettait dans la tête, un vers qui l’avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé. Un vers qu’il ne trouvait même pas un beau vers”. Aurélien. ARAGON.

Je me souviens de l’histoire de Bérénice; c’était joué l’an dernier aux Amandiers à Nanterre, dans la petite salle, avec la scène centrale. J’ai écrit: “grandiloquence de Titus, Bérénice: trouillarde, ne jamais devenir comme elle. Devenir le sublime de Racine, mais pas de cette mise en scène.” Cette année, là, y’avait aussi des rires, et des sourires quand ils étaient à deux sur les marches des escaliers juste devant le café des Amandiers. Il la regardait avec les pupilles dilatées. Joli comme un coeur. Mais elle était peut-être déjà ailleurs, dans son immaturité qui la rend belle. Titus se regardait dans le miroir changeant de la scène. Etrange, et détestable. On se regardait avec PH. J’me souviens. Lui il était de l’autre côté de la scène. J’ai du m’endormir aux trois-quart de la pièce, Paul. à côté de moi. A pleurer de rire.

 

Mise en scène Jean-Louis Martinelli, sept 2006- (crédit photo id-photo.org) 

Voilà, le théâtre, c’est comme un beau vers qui n’en ai pas un, c’est un jeu de cartes qui entraînent toutes les autres dans sa chute, ça me ramène les souvenirs en pleine figure.

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